Les plans autisme

Les plans autisme

Les plans autisme sont des plans gouvernementaux visant à mettre en place des actions en faveur de la cause de l’autisme. Différents plans ont vu le jour entre 2005 et aujourd’hui. Nous vous en détaillons les objectifs.

Qu’est-ce que le plan autisme ?

L’autisme a longtemps été ignoré comme pathologie spécifique. La prise de conscience au plan mondial des caractéristiques et des impacts de cette pathologie, mal connue il y a encore 50 ans, a donné lieu à de nombreuses approches et recherches.

Certains pays ont rapidement adopté des méthodes pragmatiques destinées à traiter les crises des enfants autistes qui rendent la vie de ceux-ci et de leurs parents difficiles. La France a, durant de longues années, fait exception à ces approches. Privilégiant la méthode psychanalytique sous l’influence des théories de Bruno Bettelheim, de la « mère frigidaire », imputant aux mères « trop distantes » l’origine de l’autisme chez l’enfant.  

La France a pris du retard sur la constitution des plans autisme, du fait de la voie prise et soutenue par les équipes de psychanalystes. Pendant ce temps, dans d’autres pays, des méthodes bien que tâtonnantes au début, ont fini par donner des résultats probants en terme d’inclusion sociale.

Ce n’est que sous l’effet d’une condamnation de la France par la Cour Européenne pour le non-respect des droits des personnes autistes, que la loi de 2005 a pris acte de ce retard. Afin d’y pallier, la France a légiféré sur le sujet en créant la notion de plan autisme. C’est ainsi que le premier Plan autisme a vu le jour sur la période de 2005 à 2007. Le plan autisme, mis en place par les politiques publiques, a pour objectif d’orienter les actions et les dispositifs d’accompagnements pour les personnes autistes et leurs familles.

Mise en place du premier Plan autisme

Les thématiques du premier Plan autisme se déclinaient en 8 objectifs plus précis :

  1. Accélérer la mise en place des Centres de Ressources Autisme (CRA) : chaque région devant être couverte par un CRA dès 2006.
  2. Faciliter le recours aux outils médicaux du diagnostic.
  3. Organiser une campagne de sensibilisation des professionnels de la petite enfance autour de la détection de l’autisme et des Troubles Envahissants du Développement (TED).  
  4. Former les professionnels de santé à la détection et au diagnostic de l’autisme.
  5. Instaurer un partenariat entre les futures maisons départementales des personnes handicapées et les centres de ressources autisme. L’objectif étant de mieux orienter et répondre aux besoins des personnes et de leurs familles.
  6. Accélérer la mise en place de l’offre d’accompagnement.
  7. Évaluer la situation des personnes autistes accueillies dans des établissements situés à̀ l’étranger.
  8. Inventorier et mesurer les pratiques et méthodes de prise en charge. Ces travaux étant confiés au nouveau Conseil national de l’évaluation sociale et médico-sociale dans la perspective d’une conférence de consensus.

Si ces grandes lignes du premier Plan autisme constituaient en 2005 des intentions louables, elles ont eu quelques succès par la création des CRA par exemple. Cependant, beaucoup d’objectifs sont loin d’avoir été atteints.

Le deuxième Plan autisme

Le deuxième Plan autisme, mis en place entre 2008 et 2010, succéda au premier plan avec 5 mesures phares :

  1. Elaborer un corpus de connaissances commun et promouvoir la recherche sur l’autisme
  2. Actualiser et développer les contenus de la formation des professionnels
  3. Renforcer les capacités de diagnostic et expérimenter un dispositif d’annonce du diagnostic qui facilite l’orientation et l’accompagnement des familles
  4. Renforcer l’offre d’accueil en établissements et services
  5. Promouvoir une expérimentation encadrée et évaluée de nouveaux modèles d’accompagnement

Entre le 2ème Plan autisme (2008 – 2010) et le 3ème Plan autisme (2013 – 2017), on peut constater un trou sur la période 2011-2012. C’est au cours de cette période que l’autisme est déclaré Grande Cause Nationale sur l’année 2012. Cette déclaration sera, sans doute, à l’origine d’une prise de conscience plus large du grand public au travers de nombreux témoignages et films sur le sujet.  

Mise en place du troisième Plan autisme

Dans la prolongation de l’année 2012, déclarant l’autisme Grande Cause Nationale, le gouvernement a mis en place le troisième Plan autisme entre 2013 et 2017.

Ce 3ème Plan d’action pour l’autisme s’articule autour de 5 axes :

  1. Diagnostiquer et intervenir précocement
  2. Accompagner tout au long de la vie
  3. Soutenir les familles
  4. Poursuivre la recherche
  5. Sensibiliser et former des « acteurs » de l’autisme

Le 4ème Plan autisme : 2018 à 2022

Dès 2017, une large concertation est lancée sous l’impulsion du Président de la République. Ainsi, des professionnels, des associations et des personnes autistes sont rassemblées pendant 9 mois de concertation. Celles-ci aboutissent à la création de la « stratégie pour l’autisme au sein des troubles du neuro-développement (TND)», nouvelle dénomination du quatrième Plan autisme.

Le pilotage de la politique s’appuie sur un Comité National de l’autisme et des troubles envahissants du développement. Ce comité est placé auprès du Ministre chargé de la Santé et de la secrétaire d’État aux Personnes Handicapées. Il s’appuie notamment sur les travaux d’un groupe de suivi scientifique et d’un groupe technique administratif. Ce dispositif national s’articule autour des instances régionales mises en place dans le cadre de la politique de l’autisme et des correspondants régionaux autisme.

Le 4ème Plan autisme prend en compte l’ensemble du parcours de vie des personnes, de la toute petite enfance à l’âge adulte. Cette nouvelle stratégie pour l’autisme vise à remettre la science au cœur de la politique publique de l’autisme. Elle vise aussi à remettre en question certains a priori, voire certaines approches à l’origine du retard français en matière d’autisme.

La stratégie du 4ème Plan autisme débouche sur 5 engagements pris par le gouvernement :

  1. Renforcer la recherche et la formation
  2. Mettre en place les interventions précoces prescrites dans les Recommandations de Bonnes Pratiques Professionnelles
  3. Garantir la scolarisation effective des enfants et des jeunes
  4. Favoriser l’inclusion des adultes
  5. Soutenir les familles

Ces engagements du 4ème Plan autisme sont assortis d’une enveloppe supplémentaire de 344 millions d’euros. Ce budget vient s’ajouter aux 53 millions de crédits issus du troisième Plan autisme pour atteindre près de 400 millions d’euros.

Cet effort financier pour le 4ème Plan autisme, aussi important soit-il dans un contexte économique contraint, doit cependant être ramené aux 700 000 personnes atteintes d’autisme en France. Si un chemin a bel et bien été accompli depuis le premier Plan autisme de 2005, celui qui reste à accomplir est encore très important.

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